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                                   Après l'ESMA, Kévin vit la Dolce Vita !

 

Après avoir intégré l’ESMA en 2007, Kévin  est aujourd’hui, à 23 ans, pilote sur Airbus A320 dans la 2e compagnie italienne, Meridiana…

- Bonjour Kévin ou… Bonjourno ! Tu viens en effet d’être embauché en tant qu’Officier Pilote de Ligne chez Meridiana…


Ciao ! Effectivement je travaille actuellement dans une grande compagnie italienne qui s’appelle Meridiana Fly (née de la fusion de 2 compagnies en Février 2010: Meridiana et Eurofly, ndlr). Elle exploite des MD80, A319, A320, et A330. Pour ma part j’opère sur A319/A320 et je suis basé à l’aéroport Milan Malpensa.

 

- Sur quels vols es-tu affecté ?


On a des destinations super sympa, on va dans toute l’Italie mais également partout en Europe : Espagne et Allemagne… En Afrique : Egypte, Sénégal… Et même aux Emirats Arabes Unis avec la liaison vers Abu Dhabi !


- Qu’est ce qui t’a amené à postuler chez Meridiana ?


Quand j’ai terminé ma formation pilote à l’ESMA, je suis rentré chez moi en Nouvelle Calédonie et dans l’avion, en lisant le journal local, je suis tombé sur une annonce : «  recherche  3 pilotes Airbus A320 avec 1500h de vol dont 500h sur type »… J’étais loin de correspondre aux minimas, tout juste sorti de l’ESMA mais je me suis dis que j’allais quand même tenter ma chance… J’ai donc envoyé mon CV… Et ils m’ont contacté ! Meridiana me proposait de suivre la qualification de type Airbus A320 !
Sans hésiter, alors que ça ne faisait qu’un mois que j’avais quitté l’ESMA, j’ai accepté la proposition. Je suis donc parti à Bruxelles où tout s’est très bien passé, j’avais un binôme très expérimenté donc cela m’a permis d’être tout de suite à l’aise.
La qualification de type A320 en poche, j’ai pu réaliser mon premier décollage et un premier vol d’entraînement Bruxelles-Paris, un moment que l’on n’oublie pas dans une vie ! Etant alors parfaitement opérationnel, j’ai tout fait pour que Meridiana me conserve alors même qu’aucun français n’avait jamais travaillé pour la compagnie !
Et ça a marché ! Je suis aujourd’hui le seul français chez Meridiana ! Pour anecdote, parfois la tour de contrôle me parle même en Italien, déjà qu’en anglais c’est assez difficile de la comprendre, alors là, en italien, c’est encore autre chose !

- Comment vois-tu ton évolution de carrière ?


J’ai signé chez Meridiana pour 1 an, j’aurai donc le temps de faire environ 600h de vol sur A320. A la suite de cette belle expérience, j’aimerais travailler dans une compagnie française. Je vise aussi Vietnam Airlines puisque l’ESMA a des partenariats forts avec cette compagnie majeure. En fait je suis prêt à m’expatrier partout où il faudra pour atteindre les minimas demandés par la compagnie Air Calin, car mon objectif c’est d’être pilote de ligne dans cette compagnie de Nouvelle Calédonie, l’île où je suis né et où j’ai grandi.

 

- Tu as choisi d’effectuer un cursus modulaire pour parvenir à ton rêve, pourquoi ce choix ?


 

J’ai commencé à faire mon premier vol à 12 ans. Je volais assez souvent mais à cet âge-là c’était seulement pour le plaisir. A 17 ans, j’ai enfin pu passer mon PPL (licence de pilote privé, ndlr) que j’ai obtenu le 11 septembre 2005. Pour anecdote, pile 5 ans plus tard, le 11 septembre 2010, je réussissais ma qualification de type A320 chez Meridiana ! Après l’obtention du PPL, j’ai décidé de faire la formation modulaire à l’ESMA pour commencer rapidement par les choses sérieuses, sans avoir à refaire le PPL qui est inclus dans la formation intégrée.


- Pourquoi l’ESMA ?


Je suis venu à l’ESMA car j’avais des amis qui avaient déjà fait leur formation ici. En fait, à l’origine, j’étais venu pour suivre une formation au CFS (formation pour devenir steward, ndlr) et j’avais beaucoup aimé l’ambiance. Quand j’ai décidé de faire pilote, je ne me voyais pas chercher ailleurs, Montpellier est une ville où il fait bon vivre et les installations de l’ESMA y sont vraiment exceptionnelles. Cerise sur le gâteau, il y avait pas mal de gens des îles de Tahiti et de Nouméa, donc c‘est quelque chose qui a joué car au moins je n’étais pas trop dépaysé…

 

- Comment s’est passée ta formation ?


Je me rappelle de tous les moments de ma formation, en commençant par ma rentrée où j’ai intégré une super classe. Les mois ont passé et je me suis rapproché des instructeurs, qui m’impressionnaient aux premiers abords. Des instructeurs que je n’oublierais jamais car ils m’ont permis d’être où j’en suis aujourd’hui. Je leur tire mon chapeau !
Il y a vraiment à l’ESMA une bonne ambiance entre élèves et instructeurs et ça m’a pas mal aidé car je n’avais aucune appréhension pour leur poser des questions, ils étaient vraiment disponibles 7 jours sur 7!
Concernant la formation en elle-même, je n’ai rien à redire, tout était parfait à part quelques détails concernant le planning au début de ma formation mais tout s’est arrangé au fil du temps.

Je crois que les moments les plus difficiles à l’ESMA ont été les levés à 4h du matin pour aller préparer l’avion à 0°C. Heureusement aujourd’hui, ce n’est plus moi qui m’occupe du dégivrage, de remettre l’huile et l’essence dans l’Airbus A320 que je pilote !


- Apprécies-tu ta nouvelle vie italienne ?


Il faut savoir saisir les opportunités qui se trouvent devant nous. Etre dans un pays où les gens ne parlent pas français, pas trop anglais non plus, ce n’est pas évident pour s’y intégrer mais j’ai beaucoup de chance de travailler chez Meridiana. J’espère même qu’avec le bout de temps que je vais passer ici, je vais pouvoir apprendre l’Italien ! Je ne me plains pas, j’ai ma petite maison, ma petite voiture, et mon petit A320, ce dont j’ai toujours rêvé, alors la vie est belle !


- Quel conseil aurais-tu à donner à tous ceux qui souhaitent devenir pilote de ligne ?
 
C’est une formation qui demande beaucoup d’investissement, qu’il soit financier ou humain. Alors avant de se lancer comme ça, il faut être sur de pouvoir financer sa formation mais il faut aussi bien réfléchir, savoir si on est vraiment motivé pour faire ce métier... Il faut aussi être passionné, je ne pense pas que l’on peut être un bon pilote si l’on n’est pas passionné car la formation d’un pilote de ligne ne dure pas seulement 2 ans à l’ESMA (la nouvelle formation Excellence 2011 dure aujourd’hui 18 mois, ndlr), mais du 1er jour de formation à la retraite.

Pour pimenter le tout, nous sommes évalués en simulateur tous les 6 mois par la compagnie et également en vol, il faut donc vraiment aimer ce que l’on fait pour pouvoir réussir ces tests.

 

                       

 

Ensuite, il y a la pratique de l’anglais qui est vraiment importante dans ce métier. Que tu sois au sol, en l’air ou à la maison, toutes les informations que tu reçois, les ordres qui te sont donnés, les lettres de services, tout est en anglais.

Enfin, n’apprenez pas par cœur vos cours sans comprendre, posez toutes les questions qui vous viennent à vos instructeurs. Comme vous allez s’en doute l’entendre : il n’y a pas de questions bêtes, mais que des réponses idiotes...

 

Bonne formation à tous, bons vols et au plaisir de vous voir au FL360 !












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