J’ai toujours été passionné par l’aviation. Piloter ROMAIN TRAFICétait un rêve de gamin. Malheureusement mes résultats scolaires étant moyens, notamment dans les matières scientifiques, j’ai  abandonné, à tort, toute idée de me rapprocher de cet univers des volants pensant qu’il était réservé à une élite.

Même si j’ai débuté ma carrière dans des domaines bien « terriens » j’ai toujours gardé cette passion pour le vol et mes premiers salaires m’ont permis d’aller frapper à la porte de l’aéro-club voisin. D’excellents instructeurs et une motivation qu’il m’a été aisé de puiser dans mon rêve de voler m’ont mené jusqu’au brevet. J’ai ainsi pu mieux comprendre les besoins aéronautiques et ai réalisé que je pourrais  lier ma passion et mon métier de bien d’autres manières qu’en étant simplement pilote de Jumbo.

Mon premier instructeur me disait toujours que si on se prépare bien au sol, alors en l’air on aura l’esprit plus clair pour agir avec pertinence et efficacité. J’aime préparer mes vols et c’est donc naturellement que j’ai par la suite candidaté à la formation TPV de L’ESMA, à laquelle j’ai été admis et après ces 3 mois passionnants, je n’ai qu’un regret, que les cours soient passés si vite.

À l’issue de la formation nous devions accomplir un stage de validation des connaissances. J’ai alors envoyé plusieurs candidatures et un des recruteurs que j’avais contactés m’a directement proposé un stage suivi d’un contrat de travail en tant que coordinateur de vol.

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Aujourd’hui je suis donc coordo pour la SATAB sur le terrain de Bastia. C’est une plateforme qui se caractérise par sa très forte saisonnalité. La SATAB (Société d’Assistance au Transport Aérien de Bastia) est une entreprise de taille humaine mais qui assure le « handling » de quasiment toutes les machines qui se posent à Bastia. Air Corsica évidemment, mais aussi EasyJet, British Airways, Lufthansa et ses filiales, Norwegian, Volotea, Vueling et encore de nombreuses autres, les vols postaux, tous les avions ou hélicoptères d’aviation générale, même certains vols militaires ou d’Etat.

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La gestion d’un vol va d’abord débuter par la constitution du dossier de vol à transmettre à l’équipage technique. Ensuite il faut récupérer les informations sur le chargement de l’avion à l’arrivée (nombre de bagages, de chariots nécessaires pour les agents de piste, de passagers, particularités pour certains passagers,…), puis vient la préparation du chargement de manière à obtenir un centrage optimum.

L’avion arrive enfin et la musique commence. Les agents de pistes parquent l’avion et y connectent leurs engins (passerelle, GPU, ASU, fourmis,…) . Au même moment débute le débarquement et s’organise l’embarquement en coordination avec le passage qui compte sur nous pour un timing précis. En général entre une et cinq minutes, selon la compagnie, s’écoulent entre la fin du débarquement et le début de l’embarquement.

Pendant ce court laps de temps, il faut éditer la liste des passagers et d’autres informations avec les données réelles issues de l’enregistrement qui vient de finir. Revenir à l’avion, vérifier que le chargement de mon équipe soit conforme au  plan prévisionnel, puis rejoindre les pilotes et leur transmettre toutes les informations définitives.

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Une demi-heure s’est écoulée et je savoure cet instant où l’avion quitte son parking à l’heure exacte prévue.

Bien entendu, les aléas sont permanents dans le transport aérien, ainsi mon rôle est aussi de gérer dans l’urgence un déroutement ou un incident technique. Il faudra donc notamment contacter le gestionnaire des parkings avions et l’informer qu’une des machines ne pourra pas bouger à l’heure prévue ou va arriver sans être attendue, ce qui va modifier tout le programme initial, ensuite s’enquérir des besoins des équipages, contacter leurs OPS pour connaître leurs intentions et solutionner au mieux leur difficulté.  Avec toujours au milieu 200 passagers à prendre en compte de la façon la plus commerciale.
Bref, c’est un métier d’action, qui me permet de me sentir utile, chaque jour différent et qui satisfait ma passion pour l’aviation.

Ce que j’adore dans ce métier, c’est le contact du terrain, la poussée des réacteurs qui me chauffe la peau lors du départ de l’avion, l’odeur du kérosène brûlé, tout simplement la vue des machines. C’est un métier très opérationnel et très physique.

Parler avec les équipages, comprendre leurs besoins, les satisfaire au mieux est vraiment gratifiant. Tout comme coordonner son équipe de piste et le passage afin que la touchée se déroule idéalement malgré la pression permanente, inhérente à toute activité aéronautique.

Le coordo est le chef d’orchestre de la touchée, celui qui imprime le rythme à chacun.

Jouer un tel rôle est passionnant, d’autant que chaque vol est différent. On peut traiter la même machine de la même compagnie, d’un  jour sur l’autre, le schéma d’intervention sera différent. C’est cette variété d’actions que j’apprécie, tout comme la nécessité de toujours être prêt à gérer le prochain aléa qui viendra inévitablement contraindre la situation.

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Pour s’imposer sur un tel poste, je pense d’abord qu’il faut être volontaire et motivé. L’aéronautique a ses propres codes et langages. Il faut être prêt à intégrer une importante masse de données et savoir que chaque jour on découvrira une nouvelle situation. Il faut donc aussi être réactif et savoir solutionner dans l’urgence un événement. Il est aussi important d’aimer communiquer, d’aller vers les gens qui tous ont une mission à remplir pour ou autour de l’avion: équipages, pistards, passage, TWR, gestionnaire d’aéroport, pompiers, fuel, ambulanciers, GTA…

J’ai après 10 ans de vie professionnelle loin de l’aérien, découvert ce métier. J’en suis encore évidemment au tout début de mon expérience mais cet apprentissage quotidien est rendu aisé par ma passion pour l’aviation et je pense que cette passion pour les choses de l’air est la clé du succès.

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